Visitons la salle de bains
Posté le mercredi 12 décembre 2001 à 21 h 35 min dans la catégorie « Croquis » par Bruno Bellamy.

Encore beaucoup de travail à la bourre cette semaine, et donc une mise à jour tardive et, surtout, relativement peu de nouveauté. Nous découvrons tout de même un peu plus du décor: cette semaine, la salle de bains!
Bon, il faut reconnaître que le détail n’est pas tellement poussé, et notamment le lavabo au premier plan mériterait d’être un peu plus travaillé. Je verrai ce que je peux faire…
Sur la gauche, la fameuse douche évoquée la semaine dernière, et qui va bientôt prendre une importance considérable dans l’histoire. Tiens? Il n’y a pas de rideau de douche? Eh eh, oui… c’est là l’une des clés du mystère! 😉
Un peu de technique: la perspective est ici tout ce qu’il a de plus classique. C’est une bonne vieille perspective dite « cônique », ou à un seul point de fuite. En l’occurence, c’est l’oeil droit de la demoiselle qui sert de point de fuite à toute la scène. En plaçant ainsi la ligne d’horizon (oui, le point de fuite se positionne sur la ligne d’horizon…) à la hauteur du regard du personnage, on place ainsi le point de vue du lecteur au même niveau, et donc « à taille humaine ». Si on voulait donner une ambiance différente, insister sur quelque chose, on pourrait procéder différemment, avec une perspective en contre-plongée, etc. Là, le choix est de montrer les choses de manière naturelle, tranquille. C’est une astuce, évidemment. L’intérêt de choisir un point de vue « tranquille » peut être par exemple de préparer l’arrivée brutale d’un élément dramatique du scénario. Le passage d’un cadrage ordinaire à un cadrage plus intense ou étrange est une façon de jouer sur les contrastes pour rendre encore plus évident le moment sur lequel on veut mettre l’accent.
Donc en cadrage aussi, il y a des contrastes, et du rythme: des pics, des silences, des successions rapides, des évolutions lentes, etc…
Un autre point technique à citer, même s’il n’est pas très bien exploité ici, c’est le dessin du miroir, au-dessus du lavabo: tout ce qui y apparaît semble être vu par une fenêtre (le miroir lui-même), mais c’est un double en symétrie de tout ce qui existe de notre côté du plan formé par la surface du miroir. La perspective qui s’y applique est exactement la même que pour le restant de la scène, mais c’est comme si le monde du miroir était le jumeau inversé de notre monde. Et bien sûr, selon le point de vue de l’observateur, n’est visible de ce monde jumeau que ce que permet de voir la « fenêtre » du miroir. Ici par exemple on aperçoit une partie de la porte, ainsi que les verres et flacons posés sur l’étagère, comme si tout était en double. Regardez donc un vrai miroir, chez vous, et analysez ce que vous voyez, ce sera un peu plus clair…
Allez, un scoop: la bestiole a enfin un nom! Après moult tractations, c’est un mix d’onomatopée (on donne souvent aux animaux de BD un nom qui ressemble au bruit qu’ils font quand ils s’expriment…) et de nom inspiré de l’espèce à laquelle cet animal semble apparenté (on dirait une sorte de rongeur et, surtout, d’écureuil, à cause de l’importance de sa queue, et de sa manière d’atrapper sa nourriture avec ses pattes). Le nom choisi est donc « Skouich ». Je ne suis pas encore sûr à 100% que ça s’écrive comme ça, mais en tout cas c’est comme ça que ça se prononce… 😉











Il est évident qu’après qu’une page soit entièrement crayonnée (et éventuellement « patchée », cf. les
…et voici enfin (ta-daaaaam!) la première case de la page 3: c’est l’heure du p’tit dèj pour la bestiole (qui est toujours dépourvue de nom, argh! Faut vraiment que je m’occupe de ça rapidement…).
Pour tracer ces lignes de base qui servent à placer le texte bien droit, j’utilise une de ces règles bizarroïdes dotées d’une sorte de cylindre qui permet de les déplacer sur l’axe perpendiculaire à celui sur lequel on trace, et ainsi de faire des lignes parallèles sans avoir besoin de prendre plein de mesures. Autrefois, je pensais que ça ne marchait pas, que le rouleau glissait et qu’il était donc impossible de s’en servir pour tracer des lignes vraiment parallèles. Et puis un jour j’ai vu Moebius se servir de ce machin, alors forcément je me suis dit mince, ça doit être vrai après tout, ce truc doit pouvoir servir… Et en fait oui, en la tenant d’une certaine manière (il faut appuyer un peu du côté où se trouve le rouleau, plutôt vers le milieu, mais surtout pas du côté « règle », ainsi on peut la déplacer sans que ça dérape…), c’est vraiment très très pratique pour tracer toutes ces petites lignes qui sont indispensables pour placer le texte dans les bulles.
Premier correctif: la bestiole! Cette version remplace et annule celle crayonnée initialement dans la
Moins spectaculaire: un rafistolage de la
Encore un rafistolage de mains, cette fois pour la
La 
Un peu de pur making of, cette semaine (ci-contre, à droite), en guise de préliminaire: la bestiole qui ronflait voluptueusement sur la couette de la
Page 2, case 3: notre héroine se réveille pour de bon! Rien de spécial à dire sur ce dessin, sinon qu’il serait sans doute souhaitable que je passe un peu moins de temps à rédiger les commentaires, le rythme de l’avancement du dessin n’en serait que meilleur… 😉


